Image manipulée du monde – comment nos opinions sont formées

L’Express Zeitung est une revue suisse dont les éditeurs ont pour but de proposer une alternative indépendante à l’unanimité des médias principaux. La revue papier mensuelle est diffusée à ses abonnés dans toute la région germanophone. L’article principal de l’édition de février 2017, « Image manipulée du monde – comment nos opinions sont formées », dévoile comment pratiquement toutes les sources d’informations que le citoyen lambda consomme sont en fin de compte seulement dans les mains d’une petite élite puissante.

www.kla.tv/11488

Texte du video:

L’évolution et la démocratisation de notre société occidentale ont rendu possible la disponibilité de toutes les informations. Si je veux m’informer, je peux le faire. On vit dans une époque d’information dont on fait beaucoup d’éloges, où grâce à Internet toutes les informations sont librement accessibles. C’est bien connu que le savoir, c’est le pouvoir. Et on donne au citoyen mature bien éduqué, cultivé et doté d’une connaissance globale appropriée, le pouvoir de mener une vie libre et indépendante. C’est du moins ce qu’on croit communément et qui forge notre image du monde.

De plus le droit fondamental de la liberté d’opinion et d’expression est noté dans presque toutes les constitutions des sociétés occidentales et il se base sur l’origine suivante : L’article 19 de la convention des droits de l’homme de l’ONU :

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Si maintenant en tant que citoyen mature et intéressé par cette société libre je veux m’informer, beaucoup de sources diverses sont à ma disposition. Tout d’abord je lis quotidiennement le journal et en plus je lis encore de temps en temps des revues spécialisées et des magazines. Je veille à leur histoire, à leur crédibilité et à leur réputation et aussi à ce qu’il y ait un grand choix car après tout je veux me forger ma propre opinion indépendante et fondée objectivement. Toute personne mature devrait réfléchir sur le fait qu’au niveau mondial la plupart des médias de presse (tout comme les chaînes de télé et de radio) appartiennent à un petit nombre de groupes médiatiques extrêmement puissants ; les PDG et les rédacteurs en chef de ces groupes se rencontrent régulièrement avec d’autres dirigeants de l’économie, de la politique, de l’armée, de la science, d’Internet et beaucoup d’autres ; ils échangent en secret, ils s’accordent et ajustent des plans divers et variés. Oui, alors vous pouvez vous demander pourquoi je ne lis ou je n’entends rien de cela dans les médias. Bon, vous pouvez probablement imaginer vous-mêmes la réponse ! Quelle proportion de vrai journalisme se trouve dans les informations ?

Les journalistes et les rédacteurs sont des hommes comme toi et moi et ils ont décidé un jour de faire ce travail, avec l’obligation de rechercher la vérité, de dévoiler les événements et de les publier. Mais si c’était si facile que ça !! Une grande majorité des infos reçues, surtout quand il s’agit d’événements internationaux et de leurs relations de cause à effets, sont rédigées par des soi-disant agences d’information et sont distribuées à travers toute la terre à des milliers de rédactions.

Dans le domaine des journaux, l’investigation personnelle appartient de nos jours à l’image romantique du passé : les agences d’information et les agences de PR (Public Relation) imposent les contenus que les journalistes ne font souvent qu’« emballer », ils mettent leur nom dessus et les transmettent aux lecteurs comme le ferait un épicier.

Qui n’a pas encore remarqué que dans différents journaux indépendants les uns des autres, ce sont exactement les mêmes articles, les mêmes paragraphes ou les mêmes phrases qui sont imprimés ?

Passons du coq à l’âne. Est-ce que le président du gouvernement suisse de l’époque Ueli Maurer parlait de ces faits quand en 2013 il a évoqué, devant un groupe de journalistes, la domination d’un cartel qui forme l’opinion médiatique ? Les agences d’information et de PR se sont chargées durant les dernières décennies des contenus ; la plupart des journalistes fraîchement diplômés se dirigent directement dans cette branche PR car sinon ils doivent s’attendre à des désavantages économiques et existentiels. Il faut qu’on soit tous conscients que les dépendances économiques entre les annonceurs et la presse empêchent celle-ci de faire des articles d’investigation ou des critiques, quel que soit le nombre d’affaires douteuses que l’annonceur a sur son compte, c’est compréhensible. Je chante la chanson de celui dont je mange le pain. Des raisons d’être méfiant : En résumé nous avons maintenant quelques raisons de savourer avec un peu plus de prudence et un peu plus de scepticisme notre lecture matinale du journal… si jamais nous le lisons encore. – Les innombrables journaux, chaînes de télé et de radio et autres produits médiatiques de ce monde appartiennent tous à quelques groupes médiatiques, qui sont à leur tour propriétés privées d’une minorité. – Les PDG respectifs et les rédacteurs en chef de ces médias sont intégrés dans des réseaux supérieurs cachés du public. – Les contenus sont principalement fixés par les agences d’information et les agences de PR. La conséquence en est une large synchronisation et un « cartel qui forme l’opinion médiatique », selon les paroles du président de la Confédération Uiel Maurer en 2013. – Le journalisme classique est déjà remplacé pendant la formation, les stages et le début de la vie professionnelle par les PR (Public Relations), qui ont comme devoir d’emballer les informations en fonction de la clientèle et de les « vendre » aux consommateurs. – On comprend que les dépendances financières avec les annonceurs (pour la plupart les grandes entreprises) empêchent les journaux de faire vraiment des investigations et de publier des articles critiques sur ces derniers. Des alternatives sur Internet ? Maintenant beaucoup de personnes sont au courant de ces faits et heureusement aujourd’hui dans cette trame de l’évolution technique et digitale, il existe Internet qui me rend indépendant face aux médias de masse.

Ainsi pour la formation de mon opinion je me sers de Wikipédia, l’encyclopédie des contenus libres (!!!!),  issue du peuple de façon organique et démocratique, sérieuse, sans intérêt propre, auto régulée, indépendante et ainsi probablement la plus proche de la vérité. Suivant ce même principe, beaucoup d’utilisateurs ont voulu donner leur petite contribution à cette vision qui semblait noble et extrêmement démocratique d’une « source de vérité pour tous ». Ces utilisateurs ont partagé avec la collectivité les informations et les connaissances fondées, minutieusement recherchées, qu’on cherche en vain sur les médias de masse. Comme par magie, ces publications sont annulées peu de temps après. Toutes ces publications qui sont supprimées et annulées ont quelque chose en commun : elles réfutent le récit des médias de masse et redressent, preuves à l’appui, le faux cours de l’histoire officielle et pour résumer, elles contredisent l’image du monde conforme au système ! Ceux qui essayent de façon répétée de rendre disponible au public leur savoir juste et prouvé sont tout simplement bloqués et leur compte supprimé. Voilà en ce qui concerne la démocratisation du savoir ! Pour surveiller les millions de publications indésirables à travers le monde et afin que la censure se mette en œuvre instantanément, il faut derrière cela un système de contrôle d’une dimension gigantesque. Cette simple pensée nous fait frémir. Aide à ceux qui veulent améliorer le monde Donc, si maintenant les médias de masse, ainsi que le Wikipédia tellement utilisé par tous, n’offrent pas ce que le citoyen espère y trouver, c’est-à-dire être informé selon la vérité, alors il est forcé de s’adresser à des sources indépendantes. Amnesty International, Human Rights Watch, Greenpeace et d’autres organisations non gouvernementales indépendantes (ONG) savourent leur réputation parmi notre population, de grand sérieux et de grande crédibilité. Comment cela pourrait-il en être autrement ? Car elles sont la voix de ceux qui souffrent d’exploitation, de torture et d’oppression. La force de propulsion de ces collaborateurs est l’idéalisme, l’abnégation, l’altruisme et la volonté d’aider et d’agir et il semble présomptueux et même insolent de douter du contenu véridique des informations qui viennent de telles ONG. Ainsi par exemple les rapports sur la torture d’Amnesty international et de Human Rights Watch sont utilisés par la classe politique occidentale comme justificatifs pour la prétendue garantie des droits de l’homme ou la démocratisation des pays concernés et ainsi elle s’assure le soutien de ses propres citoyens. Et ainsi si on regarde de plus près, ici aussi il en résulte une image problématique d’implication et d’influence avec les gouvernements, groupes et services secrets, bien sûr dans les hautes sphères. Où que l’on regarde, les ONG influentes, les fondations, les Think thank, et autres mouvements servent d’instrument extrêmement utile au système au pouvoir. Notre société est-elle manipulée par un courant prétendument indépendant au point de justifier et soutenir son propre gouvernement dans des actions militaires et même criminelles qui vont contre le droit international, tout en ayant toujours le sentiment de faire ce qui est bien ? Les Etats souverains sont-ils les uns après les autres bombardés et renvoyés à l’âge de pierre, sous prétexte de démocratisation et des droits de l’homme ? Et pourquoi ces mêmes organisations dont les rapports ont contribué à ces guerres, s’engagent-elles fermement à ce que des millions de migrants s’installent en Europe au lieu d’aider les victimes sur place ? Le dernier secours : la science  Les sources d’informations confidentielles diminuent de plus en plus et mes doutes augmentent de plus en plus. Comment puis-je me forger une opinion personnelle indépendante si je n’ai pas du tout recours aux véritables informations qui sont nécessaires pour cela ? Est-ce qu’en fin de compte je ne sais que ce que je devrais savoir ? Alors les conclusions que j’en tire, c’est que l’opinion que je me crée moi-même serait presque prévue d’avance et qu’ainsi mon image du monde serait manipulée ? Cela me semble quand même trop exagéré ; après tout, on a encore la science dont la recherche et les enseignements sont de plus garantis par la Constitution suisse. Après les expériences citées plus haut, les doutes me rongent malgré la garantie constitutionnelle ; donc je commence à regarder sur Google. Le résultat est, comme vous pouvez déjà l’imaginer, la désillusion : parler d’indépendance alors que dans la petite Suisse il existe plus de 300 coopérations avec des investisseurs privés – en fait des fondations et des groupes – pour un montant de plusieurs millions, ça me semble quand même enjolivé, quelles que soient les belles tournures qu’on emploie pour nous le faire croire. A elle seule l’UBS finance un nouvel établissement de recherche à l’université de Zürich à hauteur de 100 millions de francs suisses. Selon les recherches de la télévision suisse, des chaires sont achetées au niveau national, des études sont influencées, manipulées ou tout simplement pas publiées. D’après les déclarations d’un professeur de droit de l’université de Berne, toute recherche ou déclaration d’un professeur sponsorisé par un groupe ne vaut rien. Dans le domaine de la science, on pourrait aussi énumérer sans fin à travers le monde les dépendances, les influences, la corruption et la manipulation. En général on peut dire que l’image que notre société occidentale a du monde est manipulée à un haut degré. Quelle que soit la façon dont je veux assouvir ma soif de connaissances, avec la presse, Wikipédia, des études ou d’autres sources soi-disant confidentielles, je trouve la plupart du temps des informations uniformes, tendancieuses ou manipulées. On peut l’exprimer autrement si fondamentalement on part du principe que le contraire de l’opinion officielle est, la plupart du temps, plus proche de la vérité. SOURCES : http://www.expresszeitung.com ExpressZeitung Ausgabe 4, Februar 2017

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Sources / Liens : www.expresszeitung.com
ExpressZeitung Ausgabe 4, Februar 2017
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